Les écrans peuvent-ils s’inscrire dans un mode de vie proximal ?

Les écrans peuvent-ils s’inscrire dans un mode de vie proximal ?

En devenant parent, on se dit qu’il faut faire attention à la surstimulation, même si l'on sait que nos enfants seront exposés à la technologie dès leur plus jeune âge. Cellulaire à la main, lecture du journal sur la tablette ou série télé en soirée, ils nous verront consommer du contenu interactif et ils y prendront goût.

On le sait, les pédagogues et les scientifiques nous mettent de plus en plus en garde contre l’utilisation des écrans à grande échelle, car leurs effets néfastes sur la santé neurologique de l’enfant vont de la « difficulté de concentration à l’addiction ». Même si les directives en ce sens ne sont pas tranchées au couteau, il semble que certaines lignes directrices se dessinent ;

Avant 2 ans, bébé ne devrait pas être exposé à aucune forme d’écrans

Entre 2 et 5 ans, l’usage de la télévision n’aurait pas ou peu d’impact à raison de moins d’une heure par jour

Après 5 ans, la consommation d’écrans ne devrait pas excéder plus de deux heures par jour.

Des conséquences sur le développement

Les différents médias, principalement la télévision, favorisent la passivité et peuvent avoir de lourdes conséquences sur le développement, tant intellectuel, émotionnel ou langagier chez le tout petit. Sans même arriver à décoder ce qui se passe sous leurs yeux, les enfants sont hypnotisés par les écrans. La succession d’images colorées et de sons les rendent stoïques, absents et coupés du monde extérieur.

Cette déconnexion sur l’environnement immédiat est la plus susceptible de laisser des dommages sur le développement de l’enfant. De fait, elle prive le poupon d’expériences et de jeu en interaction avec les autres. Composantes essentielles au bon développement moteur, neurologique, sensoriel et affectif, ces apprentissages se font loin des écrans, de ce côté-ci du monde réel. Par exemple, si vous amenez l’enfant en forêt et lui faites découvrir le lichen qui pousse sur la roche, vous sollicitez chez lui différentes facultés : le toucher (la mousse), l’ouïe (les sons ambiants de la forêt, le son de votre voix), les émotions (la découverte, la fierté, l’éblouissement, la quiétude, etc.), le respect (de l’environnement, de la préservation de la nature), etc. C’est une expérience enrichissante qui participera à son évolution sur plusieurs plans.

À l’instar de ces expériences authentiques, l’exposition trop grande aux écrans empêche aussi les enfants de pratiquer l’activité physique au quotidien. Le manque important de bouger entraîne non seulement un risque accru de surpoids ou d’obésité, mais également un mauvais développement des habiletés motrices comme marcher, courir, danser, sauter, lancer, ramper, grimper, attraper, glisser et autres qui sont indispensables au développement global de l’enfant.

Malgré la présence d’émissions éducatives dans l’univers télévisuel, celles-ci n’auraient aucune incidence sur l’évolution hâtive des enfants. Au contraire, l’usage abusif des écrans nuirait au développement du langage, au sommeil, aux capacités d’attention, au comportement en général et à la réussite scolaire.

Quoi faire au quotidien

Un téléphone intelligent toujours à portée de main, une routine de matin qui commence par un déjeuner devant la Pat’Patrouille, les jeux sur la tablette. Les écrans sont littéralement intégrés dans notre vie. Ils font partie de notre travail, de nos loisirs et de notre vie de famille.

Afin de diminuer quelque peu la consommation d’écran à la maison, la meilleure chose à faire est de montrer l’exemple. Par un beau week-end d’hiver, au lieu de s’étendre devant un énième film, habillez-vous pour aller jouer dans la neige. Gageons que les enfants vous suivront volontiers, surtout si vous sortez les pelles pour construire un fort ou commencer à rouler la première boule d’un bonhomme de neige.

Au quotidien, lâchez votre cellulaire en présence des gamins et adonnez-vous plutôt à des activités créatives, ludiques, intéressantes et adaptées à leur âge. Brisez la routine en proposant tantôt un bricolage coloré, une expérience scientifique, une recette de muffins, une cabane de draps et de coussins, etc. Vous êtes musicien ? Partagez cette passion avec vos enfants en leur organisant un concert privé ou en créant avec eux une nouvelle mélodie.

L’heure des repas est une belle occasion pour encourager les échanges. Éloignez les téléphones de la table, fermez la télévision qui joue en trame de fond et parlez-vous ! Si vous n’avez rien à raconter, proposer encore une fois un jeu oral (devinette, petits mimes, etc.). Qui gagnera le concours de la meilleure grimace avec la bouche pleine de patates pilées ?

Enfin, n’ayez pas peur de l’ennui, il est formateur pour l’enfant. Il est prouvé qu’un tout petit qui « ne sait pas quoi faire » sera porté à utiliser davantage son imagination. L’ennui rendra l’enfant plus autonome et capable de se débrouiller par lui-même, lui permettant également de découvrir de réelles passions et d’apprivoiser les courts moments de solitude.

Quoi faire dans les transports

Quoi de plus long qu’un trajet à entendre son enfant pleurer à l’arrière de la voiture où qui crie à chaque cinq minutes « est-ce qu’on arrive bientôt ? ». Pour éviter cela, plusieurs parents se tournent vers les solutions numériques telles que les tablettes ou les DVD portatifs s’ajustant à l’appui-tête de l’automobile.

Oui c’est long Montréal-Québec, mais ce n’est pas forcément un tour de force que de passer le trajet sans écrans et l’occasion est bonne de favoriser une fois de plus le neurodéveloppement de l’enfant. Pratiquez le transport actif ! Selon l’âge de l’enfant, l’un des deux parents peut s’asseoir à l’arrière pour divertir le tout petit avec différents jeux à manipuler. Plus tard, toute la famille peut prendre plaisir à jouer à La Fureur en baissant le son de la radio et en complétant la chanson. Vous pouvez également encourager l’enfant à décrire ce qu’il voit par la fenêtre, quelles couleurs sont perçues, etc. Lire une histoire, écouter de la musique et chanter sont d’autres possibilités à explorer lors des déplacements.

Les écrans dans un milieu proximal

La parentalité proximale ne rejette pas l’utilisation catégorique des écrans. Loin d’avoir l’intention de stigmatiser leur usage, elle préconise cependant une consommation avertie et modérée des médias numériques chez les enfants. Davantage axés sur le slow living, les échanges et les expériences favorisant le développement optimal des plus jeunes, les parents proximaux sont toutefois bien conscients de l’omniprésence des écrans dans nos vies occidentales.

Plutôt que d’interdire systématiquement le temps d’écrans, la parentalité proximale en diminuera plutôt sa consommation au minimum. Suivant le stade de développement de l’enfant, on lui permettra d’écouter la télévision, de naviguer sur internet ou de jouer à des jeux vidéo selon une proportion de temps raisonnable. De plus, papa et maman doivent être avisés sur ce que regardent les enfants et discuter de ces choix avec eux. En ce sens, il est recommandé de placer les appareils dans les endroits passants de la maison pour pouvoir garder un œil sur ce que consultent les tout petits.

Comme tout ce qui touche à la parentalité proximale, réduire l’utilisation des écrans signifie pour les parents d’être plus présents dans la vie des enfants. En éliminant cette béquille que sont les médias numériques, cela demande d’être davantage attentif aux besoins des petits, de s’impliquer activement dans leur éducation et de fournir ce que certains considèrent comme des « efforts ». Ce choix, vous le faites pour le bien-être de vos enfants et de la vie de famille. 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/jeux/fiche.aspx?doc=ecrans-bebe-television-ordinateur-tablette

https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/internet-ecrans-modifieraient-cerveau-nos-enfants-44207/

https://www.babyfrance.com/fr/guide-bebe/mon-bebe/developpement-psychologie-de-bebe/l-eveil-de-bebe/3662-tele-ecrans-des-dangers-pour-bebe

https://www.parents.fr/enfant/education-et-vie-sociale/vrai-faux-sur-le-bon-mode-demploi-des-ecrans-13403

http://inpes.santepubliquefrance.fr/slh/articles/400/05.htm

https://www.canalvie.com/famille/vie-de-famille/4-bienfaits-de-l-ennui-chez-l-enfant-1.2449635

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=bg-naitre-grandir-enfant-ennui-jouer

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/trop-d-ecrans-modifierait-le-cerveau-des-enfants_130124

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1126437/ecrans-enfants-deux-heures-cerveau-capacites-intellectuelles

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1149043/ecran-pediatrie-enfant-ordinateur-sante-television-media-ecole-calgary-alberta

https://www.cps.ca/fr/documents/position/le-temps-d-ecran-et-les-jeunes-enfants

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